21.07.2009
Pandémie de bénéfices, ou les intérêts économiques qui se cachent derrière la grippe porcine
Dans le monde entier, chaque année, des millions de personnes meurent à cause du paludisme, que l’on pourrait empêcher avec une simple moustiquaire.
Mais les télévisions n’en parlent pas !
Deux millions d'enfants meurent à cause de diarrhée, que l’on pourrait empêcher avec un simple sérum qui coûte 25 centimes.
Néanmoins, les journaux n’écrivent rien !
La rougeole, la pneumonie et les maladies traitables avec des vaccins bon marché, causent la mort de 10 millions de personnes chaque année.
Toutefois, à la radio nous n’entendons rien !
Il y a quelques années une nouvelle peste due à une variante du virus Influenza A, mais tout de même proche de la grippe fait surface : la grippe aviaire.
Et là, les télé journaux du monde entier nous ont vite inondé de nouvelles à ce propos, du genre « une épidémie, la plus dangereuse de toutes !!! Une pandémie !!! ». Partout dans la planète on ne parle que de la terrible maladie des oiseaux.
Cependant, à l'heure actuelle, on n'a observé que des transmissions d'oiseaux à hommes qui restent très rares. En septembre 2008 le nombre de cas mortels était de 245*, soit environ 25 par année, et aucun dans les pays hautement industrialisés.
La grippe normale tue chaque année un demi million de personnes dans le monde. 500’000 contre 25 !!!
Dans de telles circonstances, face aux chiffres présentés, pourquoi avoir fait un tel scandale autour de la grippe aviaire ?
Parce que derrière ces pauvres poulets il y avait un ‘coq’. Un coq à grande crête.
La multinationale pharmaceutique Roche a vendu des millions de doses de son célèbre Tamiflu aux pays asiatiques. Mais pas seulement. Malgré l’efficacité douteuse du Tamiflu, le gouvernement britannique a acheté 14 millions de doses destinées à la prévention de sa population. Et j’en passe.
A cause de la grippe aviaire, Roche et GlaxoSmithKline, les deux plus grands groupes pharmaceutiques qui vendent les antiviraux Tamiflu et Relenza respectivement, ont obtenu des millions de dollars de bénéfices.
Avant avec les poulets et maintenant avec les porcs.
Oui, maintenant nous sommes confrontés à la psychose de la grippe porcine. Et les médias du monde entier ne parlent que de ça. Désormais on ne parle plus de la crise économique ni de la torture à Guantanamo ou de la violation des droits de l’homme en Chine. Seulement de la grippe porcine, ou grippe A, ou encore H1N1.
Et je me demande : si derrière les poulets il y avait un ‘coq’, derrière les porcs n’aura-t-il un ‘gros cochon’ ?...
Avant son arrivée à Washington en janvier 2001, Donald Rumsfeld, Secrétaire à la Défense de George Bush et architecte de la guerre contre l'Irak était président d’une compagnie pharmaceutique californienne, Gilead Sciences. Celle-ci détenait exclusivement les droits de brevet mondial de Tamiflu, un médicament qu’elle avait mis au point et dont les droits de commercialisation avaient été vendus au géant pharmaceutique suisse Roche. M. Rumsfled aurait été le plus grand actionnaire de Gilead, laquelle obtenait 10 % de chaque dose de Tamiflu vendue par Roche. Lorsque cette information a coulé, le Pentagone a déclaré de façon laconique que le secrétaire Rumsfeld avait décidé de ne pas vendre ses actions de Gilead, en prétendant qu’un tel geste aurait été un signe qu’il y avait quelque chose à cacher. Cette décision déchirante lui a valu des millions additionnels puisque le prix des actions de Gilead a grimpé de 700 % en quelques semaines.
A présent les actionnaires des laboratoires pharmaceutiques Roche et GlaxoSmithKline se frottent les mains. Ils sont à nouveau heureux. Depuis le début de la panique de la grippe porcine (non pas de la grippe porcine mais bien de la panique de la grippe porcine) les ventes du douteux Tamiflu ont à nouveau explosé, tout comme celles de tout médicament contre la grippe. Des firmes de Wall Street se sont empressées d’émettre des recommandations « d’achat » pour la compagnie. « Donnez-moi un vaccin doc, je me fous de quoi il s’agit…. je ne veux pas mourir ».
La vraie pandémie est celle des bénéfices, des énormes profits de ces mercenaires de la santé.
Je ne mets pas en cause les nécessaires mesures de prévention qui doivent être prises dans tous les pays. Mais si la grippe porcine est une pandémie aussi terrible que la communication sociale nous le fait croire, si l’Organisation mondiale de la santé est si préoccupé avec cette maladie, alors pourquoi n’autorise t’elle pas la fabrication de génériques pour la combattre ?
Laisser tomber les incontournables droits de brevet de Roche et GlaxoSmithKline, et distribuer des médicaments génériques gratuits dans tous les pays, surtout les plus pauvres, démunis et en situation de précarité. Celle-ci est la meilleure solution. La solution.
* Bilan de l'OMS http://www.who.int/csr/disease/avian_influenza/country/ca...
06:33 Publié dans Santé, Monde, Société, Economie | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe a, pandémie, grippe porcine, h1n1

