20.01.2012

Gardons espoir !

“Nous débutons 2012 avec anxiété”, tel pourrait être le résumé des messages de Nouvel-an de plusieurs leaders européens et mondiaux. Habitués à investir la nouvelle année avec optimisme, nous nous sentons cette fois-ci profondément appréhensifs. La stagnation économique de l’Europe - avec le conséquent et inévitable péricliter de la Suisse -, les finances publiques de quelques pays en banqueroute, le chômage et l’appauvrissement des familles définissent les angoisses actuelles. Dans l’UE, les inquiétudes incluent la question de l’avenir de l’euro : personnages renommés affirment que la monnaie unique est en fin de vie. Le dramatisme de ces propos augmente la confusion et ouvre la voie à une Europe plus divisée, rongée par les chauvinismes, avec les intérêts nationaux prenant le dessus en préjudice du bien commun de tous les états membres.

 

D’autres menaces se trouvent également au centre des préoccupations globales. Comment va évoluer la situation dans la péninsule de la Corée, l’une des zones les plus sensibles et militarisées au monde ? Que peut-il arriver aux relations entre la Russie de Poutine et l’Occident, lorsqu’on anticipe un processus électoral taché d’irrégularités et une recrudescence de la rhétorique ultranationaliste, anti-occidentale, du côté de Moscou ? Et les printemps arabes, de la Lybie à la Syrie, en passant par l’Egypte et l’Yémen ? Que faire de Bashar el-Assad, l’ophtalmologue qui n’arrive pas à voir que l’avenir passe par la reconversion démocratique et non pas par la répression assassine des citoyens ? Et puis il y a aussi l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan, soit un couloir d’instabilité ininterrompue, de la mer Méditerranée à l’océan Indien. Sans oublier Israël et la Palestine…

 

En ces temps de crise, les individus cherchent abri dans leurs familles, et les états estiment que le remède est dans le renforcement de leurs frontières. A une période où le mot d’ordre devrait être coopération, c’est la mentalité de l’assiégé qui prime. Au lieu d’avoir des espaces communs, ce sont les barrières nationales qui s’érigent à nouveau. Par conséquent, il est fort probable que les mouvements pour la démondialisation amorcent de nouveaux soulèvements en 2012. Et la Chine serait, dans ce cas, la principale cible des anti-globalistes. Il est vrai que certains avantages comparatifs de la Chine sont inacceptables : main d'œuvre exploité et sans liberté syndicale, une économie peu respectueuse de l’environnement, un capitalisme d’état qui déséquilibre la concurrence, une monnaie sous-évaluée.

 

Mais la Chine est un acteur incontournable dans le marché global. Contrarier la Chine ne dessert pas les intérêts de l’Occident, et encore moins la stabilité internationale. Au contraire, surmonter la crise dans plusieurs pays signifie un développement des partenariats avec le pays du soleil levant. Qui doivent, toutefois, être accompagnés d’un dialogue politique plus courageux, afin de mettre Pékin face à ses responsabilités, notamment en ce qui concerne le respect par les conventions internationales, des droits de l’homme à la protection de l’environnement.

 

L’élection présidentielle américaine sera également l’un des événements les plus saisissants de l’année 2012. On a beau avoir de la peine à l’admettre, les États-Unis sont aujourd’hui l’acteur le plus important de la scène internationale. La campagne électorale s’annonce très acharnée. Deux options différentes sont en jeu, outre un racisme abondant. Nous avons d’un côté un positionnement qui continue d’être, malgré les contradictions existantes, progressiste et relativement ouvert au monde. De l’autre côté, du bord républicain, l’option est celle d’une Amérique rétrograde, arrogante, introvertie, faisant bloc en matière de politique externe. Ce sont des différences de base, de racine. Dans un monde en pleine crise, il est fondamental pouvoir compter sur une stratégie américaine tournée vers la coopération internationale. Cela permettra de d’insuffler un soupçon d’espérance et d’optimisme à l’anxiété générale.

 

Gardons l'espoir !